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Deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche



25 novembre 2010

25 Novembre Jean-Michel s’envole vers ... Beyzima et Tazerbo

25 Novembre Jean-Michel s’envole

Je pens ais bien n’avoir rien à raconter ce matin à part un couplet sur la beauté du désert, mais Jean-Michel et son Toyota HDJ 61 (presque son âge), va nourrir l’actualité et nous éviter des banalités sur les immensités désertiques inviolées.

Après une navigation en zig-zags à 10 km de l’oasis de Beyzima, nous sommes trois véhicules groupés, les autres ayant pris de l’avance. Je m’éclate au volant à rouler dans les dunes et le sable où alternent couches molles et plus dures. Jean-Michel commence par s’ensabler jusqu’aux ponts et ne nous ne pouvons approcher nos véhicules pour passer une sangle de traction.
Nous sortons les pelles, pour essayer les plaques de désensablage et cela sort avec un peu de sueur.
Nous repartons toujours en zig-zags dans la direction de l’oasis.
Après 3 kilomètres, nous entendons Jean-Michel à la VHF,
-         « Attention ralentissez, voiture cassée, Hugues légèrement blessé ».
Cela plombe l’ambiance et la perspective de la baignade s’évanouit.

Nous arrêtons les voitures à l’aplomb de la dune et découvrons la voiture de Jean-Michel plantée une dizaine de mètres plus loin. Les traces de roues s’arrêtent au sommet et reprennent quelques six mètres plus loin traduisant une tentative ratée de vol libre, sans ailes.
Une caisse de d’oignons mal arrimée s’est envolée et les alentours de la voiture sont criblés d’oignons dans une vaine tentative de fertilisation du désert.
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Il y a finalement plus de peur que de mal car Jean-Michel dans son envol a eu le réflexe de ne pas freiner permettant à la voiture de continuer sur sa lancée à l’atterrissage. Sinon, c’était la casquette garantie avec un atterrissage sur le toit.

Bilan du crash : Hugues a trois coupures au visage, la voiture a un amortisseur désaxé, les oignons sont en vrac et les fixations des deux dossiers de sièges avant sont cassées.
Heureusement, Franck et son camion atelier sont là. Il démonte l’amortisseur et le redresse. A la perceuse, je fore un trou dans une plaque des sièges pour fixer des boulons d’arrêt qui bloqueront provisoirement les dossiers.
Les oignons sont ramassés, afin de laisser les lieux propres et seront rissolés ce soir. Finalement tout est réparé, y compris Hugues dont le visage est orné d’une compresse que j’ai fixée par deux larges bandes de chatterton noir. Il va avoir un bronzage moins uniforme avec un I majuscule blanc de la base du front jusqu’au bas du nez. Il va peut être mettre sa ceinture aussi.

Après une heure et une pause thé britannique, nous repartons, atteignons l’oasis et un puit d’eau légèrement salée qui permet de nous décambouiser.

L’oasis est abandonnée depuis une vingtaine d’année, après que l’armée l’ait faite évacuer pour calmer les ardeurs rebelles des habitants. Le village est superbe en  pierres sèches mais les toitures ont été volontairement arrachées par les militaires qui ont laissé les traces habituelles de leur présence : conserves rouillées et godillots desséchés.

A l’aplomb du village, de superbes gravures du néolithique décorent des rochers à plat. Les gravures sont exécutées par des piqures sur le rocher, bel exemple de pointillisme. Les scènes présentent des animaux domestiques et un couple humain. Il y en a plus d’une vingtaine de bonne taille atteignant plus de 50 cm pour les plus grandes.

Nous déjeunons à l’ombre des maisons en ruine et repartons pour Tazerbo, 120 km de sable rigoureusement plat et assez dur. Difficile pour le passager de ne pas s’assoupir et faute de capter France Inter, nous lançons à la VHF un jeu des mille Francs à base d’énigmes et de charades. Les mânes de Lucien Jeunesse nous accompagnent…

Tazerbo est la principale station de pompage de l’eau fossile et nous longeons sur des kilomètres les différentes têtes de puits surmontées par des pilônes, j’en compte plusieurs centaines, Peuchère.